Pourquoi la Suisse reste-t-elle sérieuse : un pays où l’humour fait défaut ?
En Suisse, la réputation d’un sérieux à toute épreuve est bien ancrée, à tel point que ce pays est souvent perçu comme manquant de légèreté et d’humour. Ce stéréotype, qui lie la Suisse à une image rigide, mérite pourtant d’être questionné à la lumière des évolutions culturelles contemporaines. Quelles sont les raisons qui entretiennent cette mentalité et comment l’humour pourrait-il transformer la communication et l’image nationale helvétique en 2025 ?
L’humour en Suisse : entre tradition culturelle et perception rigide
Au cœur de la culture suisse, le comportement sérieux n’est pas qu’une caractéristique anecdotique, mais une véritable tradition enveloppant l’ensemble des interactions sociales. Cette mentalité sérieuse est souvent interprétée comme un manque d’humour, renforçant un stéréotype qui positionne la Suisse comme un pays où l’humour fait défaut. Pourtant, cette image tend à masquer une réalité plus nuancée : l’humour existe, mais il reste largement confiné à des espaces non institutionnalisés et populaires.
Contrairement à des pays comme le Bénin, qui a fait du rire un levier culturel et économique reconnu, la Suisse maintient une hiérarchie culturelle où l’humour — considéré comme un divertissement « scrollable » ou une activité festivo-télévisuelle — reste marginalisé par les politiques publiques. Cette ligne de fracture explique en partie pourquoi l’humour suisse souffre d’un déficit de visibilité officielle, bien que des initiatives émergent au sein de scènes locales et de festivals.
L’humour, un levier encore sous-exploité pour la cohésion sociale et la communication
Intégrer l’humour dans la politique culturelle pourrait s’avérer être un outil précieux pour la Suisse, notamment pour toucher des publics difficiles et peu enclins à fréquenter les lieux culturels classiques comme les musées ou les théâtres. L’humour, en tant que vecteur culturel, pourrait renforcer la cohésion sociale et contribuer à forger un récit national plus inclusif et accessible.
Ce potentiel retentissant appelle à une reconnaissance explicite de l’humour, non plus comme simple divertissement, mais comme une discipline artistique à part entière. Cette nomination permettrait d’allouer des budgets dédiés et de créer des programmes d’appui adaptés, favorisant ainsi la diversité et l’innovation dans le domaine humoristique.
Des initiatives à suivre pour redéfinir l’image nationale suisse
La Suisse romande, notamment, voit progressivement fleurir des espaces d’expression humoristique avec l’apparition de petits Comedy Clubs et de festivals spécialisés. Malgré cela, les moyens restent insuffisants, et les humoristes bénéficient majoritairement de soutiens indirects via les médias publics, mais sans véritable politique culturelle ciblée. Pour impulser un changement durable, il serait nécessaire de développer des bourses d’écriture, des résidences artistiques et un accompagnement spécifique pour les acteurs du stand-up et des spectacles humoristiques.
Au-delà de la scène locale, encourager cet art singulier viendrait également remettre en question des comportements culturels installés, en mettant en lumière l’humour comme un outil de communication puissant à l’intérieur et à l’extérieur du pays. D’autant plus que l’ambition pour la Suisse en 2025 est d’améliorer son image dans le monde, ce à quoi l’humour pourrait contribuer efficacement, ajoutant une dimension humaine et chaleureuse à sa renommée de sérieux.
Par ailleurs, le développement du secteur humoristique, comme le montre par exemple le dynamisme des plateformes de streaming culturel telles que Sempai Stream, permet de diffuser plus largement cette forme d’expression et d’ouvrir la voie à une nouvelle approche de la culture suisse, plus accessible et diversifiée.
Le basculement vers une politique publique valorisant l’humour serait ainsi un moyen de réconcilier la tradition du sérieux et un héritage culturel en évolution, tout en faisant écho aux préoccupations économiques et sociales actuelles, comme celles évoquées par les grandes institutions financières analysant le marché du travail helvétique ici.
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