Les agences de l’ONU saluent le recul de la famine à Gaza, mais alertent sur la fragilité des progrès sans un soutien accru et durable
Face à la tourmente qui secoue la bande de Gaza, un vent d’espoir souffle timidement : les agences de l’ONU célèbrent un recul de la famine. Cependant, cette trêve chaleureuse cache une vérité bien moins réjouissante, celle d’une fragilité inquiétante des progrès accomplis sans un appui renforcé et pérenne.
Recul notable de la famine à Gaza : une lueur dans l’obscurité humanitaire
Après des années de lutte acharnée et de souffrances indicibles, la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) dévoile enfin une bonne nouvelle : aucun secteur de la bande de Gaza n’est désormais classé en famine, suivissant le cessez-le-feu d’octobre et une amélioration des accès humanitaires et commerciaux. Une victoire saluée ardemment par les agences de l’ONU telles que la FAO, l’UNICEF, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’OMS.
Pourtant, ce soulagement reste précaire. Avec 1,6 million de Gazaouis, soit 77 % de la population, toujours confrontés à une insécurité alimentaire aiguë, dont des milliers d’enfants et de femmes enceintes luttant contre la malnutrition sévère, la « lumière au bout du tunnel » nécessite une vigilance accrue. Le gouvernorat de Gaza, sorti de la classification famine au profit d’une phase d’urgence, illustre parfaitement ce balancement délicat entre progrès et menace persistante.
Fragilité des avancées : obstacles majeurs à la sécurité alimentaire
Le cessez-le-feu a certes permis l’arrivée accrue d’aliments, de fourrage et de fournitures essentielles, mais la majorité des familles à Gaza peinent encore à joindre les deux bouts. Plus de 730 000 personnes déplacées survivent dans des abris de fortune, dépendant quasi-exclusivement de l’aide extérieure. La destruction massive des infrastructures – routes, exploitations agricoles, élevage, pêche – conjuguée à l’accès limité aux services d’eau, d’assainissement et de santé, complique la moindre velléité de redressement durable.
Malgré des marchés désormais mieux approvisionnés, les denrées nutritives restent hors de portée financière de 79 % des foyers. Ce paradoxe cruel où les rayons regorgent de produits que nul ne peut s’offrir met en évidence un problème de pouvoir d’achat aussi aigu que la pénurie alimentaire elle-même. La faim déjà insidieuse se double d’une « faim économique » difficile à surmonter.
Soutien accru et durable : la clé pour pérenniser la lutte contre la famine
Les agences de l’ONU lancent un vibrant appel à la communauté internationale : il est impératif d’assurer un accès humanitaire et commercial sécurisé et ininterrompu pour ne pas voir ressurgir la famine. L’exemple des agriculteurs locaux, prêts à redémarrer leurs activités agricoles si l’on leur fournit semences, engrais et financement, souligne le potentiel de résilience mais aussi la nécessité d’un investissement soutenu.
Les enjeux ne s’arrêtent pas là. Les structures de santé, à moitié fonctionnelles, peinent face à un afflux constant de cas de malnutrition et de maladies liées aux conditions déplorables. L’OMS insiste sur la livraison rapide des fournitures médicales indispensables, tandis que l’UNICEF met en lumière les cicatrices physiques et psychiques que la guerre a infligées aux enfants, symboles les plus vulnérables de cette crise humanitaire.
L’urgence d’un financement massif pour la reconstruction et la survie
Les appels au secours de Ross Smith, directeur des opérations d’urgence du PAM, résonnent avec force : la solidarité internationale doit transformer cette accalmie en un véritable arc de renaissance. Il s’agit là d’une opportunité unique pour passer de la gestion de crise à la promotion d’une autonomie durable, guidée par l’espoir d’une vie sans faim et instable.
La voie est claire : multiplier les investissements dans la sécurité alimentaire, la santé, l’eau, l’assainissement, l’agriculture et les moyens de subsistance. Sans ce soutien accru et continu, les avancées timides observées risquent de s’effacer comme un mirage, plongeant la population de Gaza dans une tragédie renouvelée.
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