L’économie égyptienne se stabilise malgré des défis persistants en matière de pauvreté
En 2025, l’économie égyptienne attire de nouveau l’attention sur la scène internationale grâce à plusieurs événements majeurs, soulignant une phase de stabilisation économique importante malgré des défis sociaux persistants. L’organisation en octobre de la conférence à Charm el-Cheikh, où des dirigeants mondiaux ont été invités à soutenir un plan de cessez-le-feu pour la bande de Gaza, s’est accompagnée d’un autre événement marquant : l’inauguration du Grand Musée Égyptien situé à proximité des pyramides. Ces manifestations prouvent que le pays entretient une place centrale dans les affaires régionales et internationales. Cependant, dans l’ombre de ces rendez-vous, les élections parlementaires de novembre ont révélé une dynamique politique dominée par un cercle restreint loyal au président Abdel Fattah el-Sisi, témoignant des restrictions sur la participation politique effective.
Sur le plan économique, l’Égypte a traversé une crise sévère il y a moins de deux ans, nécessitant des apports de capital conséquents de la part du Fonds Monétaire International (FMI), de la Banque mondiale et de l’Union Européenne, ainsi que des investissements massifs des États du Golfe. Aujourd’hui, plusieurs indicateurs laissent entrevoir un regain de croissance économique caractérisé par une montée progressive du PIB et le retour de la stabilité monétaire après une importante dévaluation en 2024. Pourtant, malgré cet optimisme apparent, la pauvreté en Égypte persiste et de nombreux ménages continuent de ressentir durement les effets des réformes économiques initiées, notamment à travers la suppression des subventions et la hausse des prix des carburants.
Stabilisation économique durable malgré des défis structurels majeurs
L’un des enjeux clés de l’économie égyptienne en 2025 est son efforts continu vers une stabilisation économique durable. Après plusieurs années marquées par un déséquilibre sévère de la balance des paiements et une inflation record qui a érodé le pouvoir d’achat des égyptiens, le gouvernement a réussi à impulser une croissance plus régulière, avoisinant désormais les 4 % par an. Cette transition repose largement sur une série de réformes économiques structurelles, accompagnées par un soutien financier international qui sert aussi bien à combler les déficits externes qu’à apporter des liquidités indispensables pour relancer l’économie locale.
Ces réformes ont inclus :
- La dévaluation contrôlée de la livre égyptienne, rendant les exportations plus compétitives sur le marché international.
- La réduction progressive des subventions sur les carburants et l’électricité, afin d’assainir les finances publiques.
- L’amélioration de la gouvernance économique avec un meilleur contrôle des dépenses publiques et une lutte accrue contre la corruption.
- La diversification des secteurs économiques, notamment via l’essor du textile et la montée en puissance des industries manufacturières.
- La signature d’accords d’investissement avec les pays du Golfe, tels que le développement de projets touristiques en Méditerranée.
On observe aussi un renforcement des flux d’investissements étrangers, avec des compagnies turques notamment qui profitent des coûts salariaux réduits. Dans plusieurs zones industrielles, la création d’emplois est redevenue active, ce qui témoigne d’une dynamique positive même si des tensions demeurent quant à l’emploi stable et à la qualité des contrats proposés.
| Indicateur économique | 2023 | 2024 | Prévision 2025 |
|---|---|---|---|
| Croissance du PIB (%) | 3.5 | 3.8 | 4.0 |
| Taux d’inflation (%) | 22.4 | 13.2 | 8.5 |
| Investissements directs étrangers (en milliards de $) | 5.4 | 6.1 | 7.0 |
| Taux de chômage (%) | 7.8 | 7.2 | 6.9 |
Malgré ces progrès, des experts comme Osama Diab soulignent que la taille de l’économie égyptienne et son rôle géostratégique lui confèrent une forme de résilience quasi-inévitable face aux crises profondes. Cela signifie aussi que les financements internationaux ont une double utilité : d’une part sauver la machine économique, d’autre part masquer temporairement certains déséquilibres comme le déficit du compte courant ou la dépendance aux prêts à court terme.

Les défis persistants liés à la pauvreté et aux inégalités sociales
Malgré la stabilisation économique sur le papier, la situation sociale de nombreux Égyptiens demeure précaire. La disparition progressive des subventions jugées indispensables au long cours par une partie importante de la population a contribué à l’augmentation du coût de la vie, particulièrement dans les zones rurales et défavorisées, où la pauvreté en Égypte reste très élevée. Par exemple, les agriculteurs de la vallée du Nil et du delta voient leurs revenus comprimés par l’inflation des prix des carburants et des fertilisants, ce qui affecte directement leur capacité à subvenir aux besoins de leur famille.
Les manifestations des inégalités sociales s’observent à travers :
- Une forte disparité des salaires entre les secteurs urbains modernes et les zones rurales plongées dans la précarité.
- Une augmentation des contrats de travail temporaires ou précaires, notamment après la réforme du droit du travail de 2024.
- Le faible pouvoir d’achat des ménages, malgré des signes d’amélioration du salaire dans certaines industries.
- Des difficultés d’accès aux services sociaux et à la santé dans les régions les plus isolées.
- Une urbanisation accrue qui ne bénéficie pas toujours aux populations pauvres, alimentant la marginalisation.
Mahmoud, un cultivateur du delta du Nil, illustre ces difficultés quotidiennes : son exploitation familiale est à peine suffisante pour nourrir sa famille de six membres, tandis que la hausse des prix des produits essentiels réduit leur niveau de vie. Les projets de développement durable tels que la mise en valeur touristique autour du Grand Musée ne profitent qu’à une minorité liée au tourisme urbain, creusant ainsi davantage le fossé entre la métropole et les campagnes.
| Facteur social | Effet sur la population | Zone concernée |
|---|---|---|
| Hausse des prix de l’énergie | Réduction du pouvoir d’achat | Zones rurales et urbaines |
| Contrats temporaires | Précarisation de l’emploi | Population active |
| Réduction des subventions | Alourdissement des charges familiales | Familles à faible revenu |
| Faible développement des infrastructures sociales | Moindre accès à la santé et l’éducation | Régions isolées |
| Déficit en opportunités d’emploi | Migration vers grandes villes | Paysans et jeunes ruraux |
La gestion de ces défis sociaux reste l’un des grands chantiers pour le développement durable en Égypte. L’amélioration de l’emploi en Égypte, la réduction des inégalités sociales et la mise en place d’un filet de protection sociale plus efficace sont des impératifs pour que les bénéfices de la stabilisation économique atteignent toutes les couches de la société.
Le rôle clé des investissements étrangers dans la dynamique de croissance économique
Le redressement de l’économie égyptienne a été grandement appuyé par la persistance des investissements étrangers, notamment de la part des pays du Golfe. Ces investissements se concentrent sur plusieurs secteurs porteurs :
- Le tourisme, avec des projets phares comme le développement côtier d’el-Alamein financé par les Émirats Arabes Unis et le Qatar.
- L’industrie manufacturière, en particulier le textile, secteur qui attire des entreprises turques grâce à des coûts salariaux avantageux.
- Les infrastructures, avec un accent sur la modernisation des transports et des centres logistiques.
- Les énergies renouvelables, intégrant les objectifs de développement durable de long terme.
Les investisseurs considèrent l’Égypte comme un hub stratégique entre l’Afrique et le Moyen-Orient. Le soutien accru aux réformes économiques œuvrant à une meilleure transparence et à un climat des affaires plus favorable encourage même les multinationales à renforcer leur présence. Par ailleurs, la récente collaboration avec l’Union Européenne sur la mise en œuvre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (mécanisme CBAM) illustre la volonté égyptienne d’intégrer les standards internationaux et d’attirer des flux d’investissements verts.
| Secteur | Projets majeurs en 2025 | Impact économique attendu |
|---|---|---|
| Tourisme | Développement d’el-Alamein, Grand Musée Égyptien | Création d’emplois, hausse des recettes en devises étrangères |
| Textile | Ouverture d’usines turques, modernisation de la production | Augmentation des exportations, emploi industriel |
| Infrastructures | Construction de routes et ports modernisés | Amélioration de la logistique, attractivité foreign investment |
| Énergies renouvelables | Projets solaires et éoliens innovants | Réduction de la dépendance aux énergies fossiles, contribution au développement durable |
En somme, l’apport des capitaux étrangers reste un levier incontournable pour soutenir la croissance économique en Égypte et répondre aux enjeux du développement durable, tout en permettant à terme une meilleure redistribution des richesses si les inégalités sociales sont efficacement combattues.

Impact des réformes économiques sur le marché de l’emploi en Égypte
Dans le contexte de la stabilisation économique, le marché de l’emploi en Égypte est un indicateur crucial des effets de ces réformes. L’adoption d’une nouvelle législation du travail en 2024 a modifié profondément le paysage de l’emploi. Celle-ci a introduit plus de flexibilité pour les entreprises, en permettant notamment l’usage plus large des contrats temporaires. Cette mesure, bien qu’encensée par une partie des acteurs économiques pour sa simplicité et sa capacité à faciliter les embauches, engendre cependant une précarisation accrue des travailleurs, limitant leur sécurité financière.
Voici les principaux changements observés :
- Hausse des contrats temporaires ou à durée déterminée, avec une diminution des garanties liées aux augmentations annuelles.
- Augmentation des salaires dans certains secteurs comme le textile, accompagnée d’une compétition avec les entreprises étrangères installées localement.
- Difficultés à stabiliser l’emploi pour de nombreux salariés, notamment dans l’industrie et l’agriculture.
- Une hausse modérée du taux de chômage, notamment au sein des jeunes ruraux qui migrent vers les villes en quête de meilleures opportunités.
- Des tensions sociales liées à la perception que la croissance économique ne bénéficie pas équitablement aux différentes couches de la société.
Mohamed Usama, ingénieur dans une entreprise sidérurgique, témoigne que la stabilité du taux de change a favorisé l’import-export, rendant les activités industrielles plus prévisibles. Cela a, selon lui, permis le recrutement de nouveaux employés, même si beaucoup restent en contrat temporaire et hésitent à envisager un avenir stable dans leur poste. En parallèle, les salaires doivent encore progresser pour rattraper le pouvoir d’achat perdu ces dernières années.
| Aspect de l’emploi | Situation avant 2024 | Situation en 2025 |
|---|---|---|
| Contrats temporaires (%) | 18 | 32 |
| Taux de chômage global (%) | 7.8 | 6.9 |
| Croissance salariale moyenne (%) | 3.2 | 4.5 |
| Emploi dans les secteurs manufacturiers (%) | 22 | 27 |
| Migration rurale vers zones urbaines (nombre) | 150,000 | 175,000 |
Le vrai défi pour l’économie égyptienne reste d’équilibrer croissance, emploi et justice sociale afin de garantir une transition vers un développement durable qui profite à tous les Égyptiens, y compris les plus vulnérables.
Perspectives d’avenir pour la croissance économique et le développement durable en Égypte
Au-delà de la situation actuelle, les perspectives pour l’économie égyptienne reposent sur la poursuite des réformes économiques, le renforcement des investissements étrangers et la lutte contre les inégalités sociales pour un développement durable inclusif. Le gouvernement a clairement affiché sa volonté de consolider les acquis économiques tout en s’attaquant aux défis de la pauvreté en Égypte et à la faiblesse du pouvoir d’achat.
Parmi les axes à renforcer pour favoriser une croissance économique équilibrée, on compte :
- La poursuite de la modernisation des infrastructures, pour soutenir à la fois l’industrie et le tourisme.
- L’expansion des services sociaux destinés à améliorer la qualité de vie dans les zones rurales et urbaines pauvres.
- Une meilleure intégration des principes de développement durable dans tous les projets nationaux.
- Le soutien accru à l’initiative privée locale, notamment pour stimuler la création d’emplois stables et formels.
- Le renforcement des programmes de formation professionnelle pour répondre aux besoins du marché du travail.
Le système économique de l’Égypte garde un potentiel important grâce à sa position stratégique et à sa démographie jeune. La collaboration internationale, notamment avec l’Union Européenne via des accords environnementaux et commerciaux, offre un cadre propice à un futur économique plus stable et inclusif.
| Objectifs stratégiques | Description | Indicateurs de réussite |
|---|---|---|
| Modernisation des infrastructures | Construction et réhabilitation des routes, ports, énergie renouvelable | Augmentation du trafic portuaire, part d’énergie propre produite |
| Réduction de la pauvreté | Programme national de soutien social, création d’emplois locaux | Taux de pauvreté, accès aux services sociaux |
| Développement durable | Intégration des normes environnementales et sociales dans l’économie | Indice de performance environnementale, baisse des inégalités |
| Soutien à l’emploi | Formation professionnelle, encouragement à l’embauche stable | Taux d’emploi stable, diminution du chômage des jeunes |
| Attraction d’investissements | Amélioration du climat des affaires, accords internationaux | Montant des IDE, nombre de projets étrangers |
En 2025, les signaux sont encourageants mais montrent que la route vers un véritable développement équitable reste semée d’obstacles, notamment en ce qui concerne la réduction des inégalités sociales et la correction des disparités économiques. Le succès de cette trajectoire passera par une application soutenue des réformes économiques et une implication concrète du secteur privé comme public. Ces efforts conjugués devraient, à terme, favoriser un contexte social plus stable et une prospérité partagée.
Quelles sont les raisons principales de la stabilisation économique en Égypte ?
La stabilisation économique de l’Égypte repose sur plusieurs piliers tels que les réformes économiques structurelles, la dévaluation de la livre égyptienne pour améliorer la compétitivité des exportations, ainsi que les injections de capitaux internationaux issues du FMI, de la Banque mondiale et des pays du Golfe. Ce cadre a permis de stabiliser la monnaie, de maîtriser l’inflation et de relancer la croissance du PIB.
Comment la pauvreté en Égypte continue-t-elle d’impacter la société ?
Malgré la croissance économique, une large part de la population souffre encore de pauvreté, en particulier dans les zones rurales. La suppression des subventions sur les carburants et les aliments, la hausse des prix de l’énergie et la précarité de l’emploi contribuent à maintenir un faible pouvoir d’achat et accentuent les inégalités sociales.
Quels secteurs bénéficient des investissements étrangers en Égypte ?
Les secteurs clés concernés par les investissements étrangers sont le tourisme, la manufacture (notamment le textile), les infrastructures et les énergies renouvelables. Ces secteurs profitent d’importants projets financés par des pays du Golfe et d’entreprises étrangères cherchant à tirer parti des coûts salariaux compétitifs d’Égypte.
Quel est l’impact des réformes économiques sur l’emploi en Égypte ?
Les réformes ont introduit davantage de flexibilité dans le marché du travail, augmentant le recours aux contrats temporaires et modifiant les garanties salariales. Cela a facilité les embauches mais tend aussi à précariser certains travailleurs. La croissance de l’emploi dans certains secteurs industriels est néanmoins un signe positif.
Quels sont les objectifs à long terme pour le développement durable en Égypte ?
L’Égypte vise à moderniser ses infrastructures, réduire la pauvreté, intégrer les normes environnementales, soutenir la formation professionnelle et attirer les investissements étrangers verts. Ces objectifs visent à garantir une croissance économique équilibrée et une amélioration durable des conditions sociales dans le pays.
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