Les progrès mondiaux contre la tuberculose menacés par des défis de financement
La lutte contre la tuberculose demeure un enjeu crucial de santé mondiale, avec des avancées notables mais fragilisées par un recul inquiétant du financement. En 2024, cette maladie infectieuse a encore frappé fort : 10,7 millions de personnes ont été infectées et plus de 1,2 million en sont décédées. Pourtant, des progrès substantiels en progrès médicaux comme le diagnostic rapide et des traitements améliorés ont permis d’économiser des millions de vies. Malheureusement, l’accès aux soins et la mobilisation financière ne suivent pas au rythme nécessaire, laissant planer une menace sur ces résultats prometteurs.
Les défis du financement fragilisent les avancées contre la tuberculose
Depuis 2020, le financement mondial dédié à la tuberculose stagne, avec seulement 5,9 milliards de dollars disponibles en 2024, loin de l’objectif annuel de 22 milliards fixé pour 2027. Ce manque criant de ressources met en péril les efforts de prévention, de diagnostic et de traitement, et pourrait entraîner jusqu’à 2 millions de morts supplémentaires d’ici 2035, selon les modélisations. Une situation d’autant plus préoccupante que plusieurs pays à forte prévalence, notamment en Asie et en Afrique, concentrent 87 % des cas globaux.
Un constat contrasté : progrès locaux et inégalités mondiales
Malgré ces tendances lourdes, certaines régions affichent des réussites notables. L’Afrique a réduit son incidence de tuberculose de 28 % entre 2015 et 2024, tandis que le taux de mortalité a chuté de 46 %. En Europe, ces progrès sont encore plus marqués, avec une baisse de 39 % des cas et de 49 % des décès. Toutefois, ces succès masquent une réalité plus dure dans plusieurs pays où la couverture des tests rapides pour détecter la tuberculose n’a progressé qu’à 54 % en 2024, soulignant l’urgence d’un accès plus équitable aux innovations en médecine innovante.
Progrès médicaux sous pression : entre espoir et obstacles
Les efforts médicaux ont clairement sauvé la vie à environ 83 millions de personnes depuis 2000. Le traitement de la tuberculose sensible continue de présenter un taux de succès élevé à 88 %. Même les formes résistantes aux médicaments commencent à répondre mieux aux traitements, avec une amélioration du taux de succès à 71 % en 2024. Cependant, l’augmentation des cas résistants reste un problème majeur à résoudre, notamment par des avancées en recherche biomédicale.
5,3 millions de personnes à haut risque ont reçu un traitement préventif en 2024, confirmant l’importance accrue de la prévention des maladies dans la stratégie globale de lutte contre la tuberculose.
Action multisectorielle et protection sociale : piliers pour endiguer l’épidémie
Le rapport de l’OMS met aussi en lumière l’importance d’aborder les causes profondes comme la malnutrition, le VIH, le diabète, ou l’usage nocif de tabac et d’alcool. Mais pour cela, il faut intensifier les initiatives au-delà du secteur médical. La protection sociale, par exemple, reste trop faible et inégale : elle varie de 3,1 % à 94 % selon les pays à fort fardeau. Or, cette disparité freine la lutte globale, car la tuberculose est autant une maladie de la pauvreté qu’un problème de santé publique.
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